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memoiregrandeguerre :
Site de référence / premiere guerre mondiale

Association
Internationale
des Sites et Musées
de la Guerre de
1914 - 1918
Fort de la Pompelle

Le fort de la Pompelle fut construit de 1880 à 1883 pour compléter la ceinture fortifiée de Reims, conçue par le général Seré de Rivières après la guerre de 1870.


Historique

Ouvrage secondaire, il était destiné à appuyer les forts principaux de Witry-les-Reims, Nogent-l'Abbesse, Berru, Brimont, Saint-Thierry, Fresnes et Montbré ; d'une superficie de 2ha31, il était doté d'une artillerie composée de 6 canons de 155mm courts modèle 1881 du système de Bange et de 4 canons de 138mm auxquels s'ajoutaient des pièces de flanquement et mitrailleuses.
Une compagnie d'artilleurs de 277 hommes tenait garnison dans le Fort.

Durant la Première Guerre mondiale, le site fut bouleversé par quatre années de bombardements allemands qui ne purent venir à bout de la résistance acharnée des troupes françaises qui s'y succédèrent.
Les ruines du Fort abandonnées durant quarante ans furent mises en vente par l'Administration des Domaines en novembre 1955 ; mais devant l'émotion suscitée par cette décision chez les anciens combattants de Sillery,

 

 

 

c'est la Fédération Nationale André Maginot qui racheta le Fort et le céda ensuite, pour le franc symbolique, à la ville de Reims.
Jean Taittinger, alors député-maire, écrivit le 11 novembre 1968 :
"La ville de Reims, reconnaissante du sacrifice des milliers de ses défenseurs, a décidé que ce sol sacré ferait désormais partie du patrimoine de la Cité. Le nom du Fort de la Pompelle mérite d'être gravé pour l'éternité dans les annales de la patrie!".

 

Le musée

Les riches collections du musée, propriété de la Ville de Reims, évoquent au moyen de documents d'époque, d'objets de la vie quotidienne dans les tranchées, d'armes, d'équipements, de pièces d'uniformes, de mannequins et de pièces d'artillerie, les péripéties des combats pour l'héroïque défense de Reims.
Le Fort de la Pompelle, désarmé depuis 1913, fut occupé sans combat par les troupes allemandes le 4 septembre 1914 ; après la victoire de la Marne, il fut reconquis de haute lutte par le 138è Régiment d'Infanterie le 24 septembre, devenant dès lors la clé de voûte de la défense du secteur de Reims. Durant plus de quatre années, l'armée allemande multiplia, en vain, les assauts contre le Fort : attaques d'infanterie, bombardements intensifs, attaques par les gaz, mines, attaques de chars...
A tour de rôle, 180 régiments concoururent à la défense du Fort dont deux brigades spéciales russes envoyées par le Tsar Nicolas II en 1916! La Marine Nationale y participa également au moyen de canonnières fluviales embossées sur le canal entre Sept-Saulx et Courmelois. Enfin, le 1er Corps d'armée Colonial du général Mazillier s'y couvrit de gloire en 1918. Outre l'évocation des garnisons rémoises de la Belle Epoque, on remarquera plus particulièrement les célèbres canons de 75 français, la salle consacrée à l'artillerie de tranchée "Les Crapouillots", les souvenirs du Corps Expéditionnaire Russe en Champagne ainsi que ceux de l'as de l'aviation de chasse française, René Dorme, crédité de 23 victoires homologuées et qui trouva la mort au-dessus du Fort de la Pompelle le 25 mai 1917 ; enfin, on admirera l'étonnante collection unique au monde qui regroupe 560 coiffures de l'armée impériale allemande (l'ancienne collection de Charles Friese) et de nombreux autres objets.

René Dubuc

Ce réserviste rouannais fut affecté, fin 1916, à l'ambulance chirurgicale automobile russe n°2 de la première brigade spéciale russe en qualité de Médecin aide-major de 2e classe.

René Dubuc, outre ses qualités de médecin, possédait un réel talent pour le dessin et la caricature; avec beaucoup d'humour et de sympathie, il réalisa une série d'une quarantaine de portraits caricaturaux de ses frères d'armes russes, du général au plus modeste soldat.

 

 

 

 

 

 

Chacun de ses dessins était assorti d'un commentaire écrit, abrupt et réaliste, mais toujours truculent.Spectateur et acteur privilégié au sein du corps expéditionnaire russe en Champagne, Dubuc nous offre des précieux témoignages du quotidien de la première brigade au moyen de ces caricatures qui furent exécutées sur le vif en 1917 lorsque l'ambulance n°2 était installée à Ludes en Montagne de Reims.

 

 

 

 

René Dubuc fut décoré de la Croix de Guerre
et de la Croix de Sainte-Anne de 3e classe avec glaives